[Bonnes adresses] Toulouse insolite, secrète et gourmande

Aujourd’hui, je voulais vous faire découvrir Toulouse où je me suis déjà rendue plusieurs fois mais les vacances que je viens de passer dans le Sud-Ouest sont l’occasion pour moi d’écrire enfin un billet sur la « ville rose », surnommée ainsi en raison du matériau utilisé pour la construction des bâtiments, la brique de terre cuite.

Elle est aussi appelée « cité des violettes » dont le commerce se développe au XIXe siècle. La violette est un emblème de la ville. Si vous voulez goûter des produits à la violette, je vous conseille de pousser la porte du Paradis Gourmand, une confiserie à l’ancienne.

Autre spécialité : le pastel. Vous connaissez sans aucun doute l’expression « pays de cocagne » qui désigne un paradis terrestre. Le pays de cocagne a réellement existé. C’était une zone de culture qui se trouvait entre Toulouse, Albi et Carcassonne. « La cocagne était la boule de feuilles écrasées et compactées à la main par les cultivateurs de pastel. Elle était ensuite mise à sécher et était vendue aux fabricants de teinture à un cours tellement élevé que toute la filière du pastel devint extrêmement riche. » [Article « Pays de Cocagne » de Wikipedia] Toulouse tient, en effet, sa richesse du commerce du pastel.

 

Lieux incontournables et autres trésors cachés

Si vous vous rendez à Toulouse, tous les guides vous diront de visiter la basilique Saint-Sernin, l’Église des Jacobins, la Place du Capitole, les bords de la Garonne, le Canal du Midi et le musée des Augustins. Évidemment, ce sont les lieux incontournables à voir.

Mais personnellement, question visite, j’aime sortir des sentiers battus et découvrir les petits histoires et les petits coins qui se cachent dans la grande ville et la grande histoire.

J’ai donc emprunté, dans ma bibliothèque préférée, le livre Toulouse secret et insolite des Éditions Les Beaux jours qui compte, dans cette collection, plusieurs villes (Nantes, Strasbourg, Lille, Le Havre, etc.). Un bon moyen de voir des choses à côté desquelles je serais passé sans même les remarquer.

Pour connaître tous les trésors cachés de la Ville rose !

Je ne vais pas vous résumer tout le livre mais voici trois exemples, qui vous donneront une idée de ce que vous pourrez trouver dans ce livre.

Dans l’Église Saint-Sernin, vous passerez peut-être à côté d’une colonne d’où sortent des pieds sculptés.

Mais à qui appartiennent ces pieds ?

Ce sont les pieds de Saint-Christophe, le protecteur des voyageurs. En arrivant dans l’église, le pèlerin du Moyen-Âge allait les embrasser avant d’aller vénérer les reliques. On retrouve cette pratique à Saint-Pierre de Rome ou encore à Saint-Jacques-de-Compostelle. On allait toucher les pieds du saint, les embrasser puis s’essayer à l’aide d’un linge. Les pieds qui portent le pèlerin dans sa quête spirituelle sont en fait le lien entre la terre et le ciel. Mais connaissez-vous Saint-Christophe ? L’étymologie de son nom nous dit que c’est le porteur du Christ. Muni d’un bâton, ce bon géant transportait sur son dos les gens qui souhaitaient rejoindre la rive opposée d’un  fleuve. Un jour, un enfant lui demanda de la porter pour traverser le fleuve. Au cours de la traversée, l’enfant devint si lourd que le géant cru porter le monde sur son dos. L’enfant lui apprit qu’il était le Christ et donc qu’il avait porté sur son dos l’univers et celui qui l’avait créé.

La rue du Taur comprend plusieurs curiosités mais ma préférée est ce ciel de hérons. Vous le découvrirez en poussant la porte du n°49.

Ce décor fut peint en 1979 par l’artiste Laurence de Saunhac. L’artiste, pour qui cela était sa première commande, proposa au propriétaire de peindre un décor faisant la part belle à la nature en pleine ville. Au milieu d’une nature fleurie, volent des hérons cendrés, oiseaux familiers du décor toulousain. Ce plafond renoue incontestablement avec les traditions décoratives de la Renaissance italienne.

 

J’ai découvert aussi dans ce livre une spécialité moins connue que celles dont je vous ai parlées précédemment : le fénétra.

Le fénétra, une spécialité mal connue de Toulouse

Le fénétra est une tarte toulousaine composée de poudre d’amandes, de citrons confits et d’abricots. Ce gâteau est devenu une rareté à Toulouse, pourtant il plonge ses racines dans l’Antiquité. À cette époque, au sein du faubourg du Férétra, se trouvait une immense nécropole de plusieurs milliers de tombes. Les Romains, dont chaque famille pratiquait le culte des morts et possédait un autel dédié aux mânes, les âmes des défunts, célébraient chaque année les fêtes appelées feralia ou feretralia. Ces fêtes étaient l’occasion de se rendre sur les tombes des défunts et de les honorer en y déposant des fruits secs. Au Moyen-Âge, l’Église reprit ce culte païen et on retrouve la fête du Férétra dans ce nombreux quartiers de Toulouse. Peut-être ce fameux gâteau est-il né lors de ces réjouissances à la fois marché de fruits secs et fête foraine. C’est en tout cas à partir du XVIIIe siècle que l’on retrouve ce gâteau à la table des Toulousains.

Voici le fénétra revisité par le chef Yannick Delpech :

Bonnes adresses gastronomiques

Où vous approvisionner de bons produits ? Incontestablement, vous serez comblé avec les marchés de Toulouse : le marché des Carmes, le marché Victor Hugo (qui sont des marchés couverts) et le marché de Saint-Aubin (qui a lieu le dimanche matin). Pour découvrir les deux marchés couverts, je vous conseille la balade gourmande proposée par l’office de tourisme. J’avais passé un très bon moment et appris plein de choses !

Au marché des Carmes, vous trouverez notamment Jean-Jacques Granel, un éleveur et producteur de porc noir de Bigorre, un porc élevé en plein air. Pour tout ce qui est des condiments, je vous conseille Le Marché aux Huiles.

Au marché Victor Hugo, vous trouverez notamment un stand de la Maison Samaran, un spécialiste de foie gras, Betty le fromager-affineur de référence et un boulanger Meilleur Ouvrier de France, la Maison Beauhaire. A proximité du marché, se trouve Sandyan, la pâtisserie de Yannick Delpech, chef étoilé de L’Amphitryon.

Au marché Saint-Aubin, j’ai apprécié les oranges pressées, la cave Autres vignes, le gâteau à la broche des Pyrénées (spécialité aveyronnaise que l’on trouve aussi dans les Pyrénées) et les bières artisanales de La Perle Toulousaine. J’aime beaucoup ce marché que je trouve d’une grande qualité, tant dans la diversité des produits proposés (pas seulement des produits de bouche mais aussi des merceries, des vendeurs de vêtements ou de produits manufacturés), de leur qualité (plein d’artisans, de cultivateurs et d’éleveurs – quand on pense au nombre de revendeurs qui se fournissent à Rungis !) et du sens du  service de ces commerçants. Le marché Saint-Aubin fait partie des plus beaux marchés de France que j’ai vus.

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Le chef le plus connu et reconnu de la région est incontestable Michel Sarran. J’ai d’ailleurs consacré un billet au restaurant Michel Sarran, restaurant deux étoiles au guide Michelin.

Le chef a ouvert à Toulouse une nouvelle enseigne, au dernier étage des Galeries Lafayette, où j’ai eu la chance de déjeuner, appelée Ma Biche sur Le Toit. Ce restaurant (qui fait aussi salon de thé l’après-midi et lounge le soir) offre sans aucun doute le plus beau point de vue que la ville de Toulouse, depuis sa terrasse. Je vous conseille les toilettes qui ont le meilleur point de vue du restaurant. L’intérieur, ocre-marron et bois, nous plonge dans les années 1970.

L’entrée était une soupe crémeuse de tomates, que j’ai trouvée très gourmande. Le plat était un cabillaud rôti avec une semoule aux agrumes dont la cuisson était parfaite et avec un très bon équilibre des goûts. Le dessert, une pavlova aux fruits rouges et basilic, bonheur de manger un dessert frais.

 

Bonnes adresses shopping

Inutile de vous dire que vous trouverez à Toulouse toutes les grandes enseignes que l’on trouve partout ailleurs en France. Je ne vous en parlerai donc pas. Si vous voulez sortir des sentiers battus et si vous aimez le vintage, je vous conseille deux adresses où j’ai d’ailleurs moi-même trouvé des vêtements. Le Grenier d’Anaïs est une boutique où vous trouverez des pièces vraiment belles et aussi des vêtements de seconde main récents.

Groucho est une institution à Toulouse. Cette enseigne comptait jusqu’à récemment deux boutiques, dont une rue Peyrolières qui proposait des pièces remarquables, parfois vraiment anciennes. J’ai donc appris que cette boutique a dû fermer ses portes, faute de clients. Heureusement, l’autre boutique, place de la Bourse, reste toujours debout !

***

J’espère que ce petit tour dans la cité rose vous aura plu et donné envie d’y aller ou d’y retourner pour y découvrir d’autres choses. Pour ma part, j’y retourne toujours avec plaisir et j’y découvre toujours des choses car c’est une ville très riche à tout point de vue ! N’hésitez pas à partager en commentaires vos bonnes adresses.

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