[Tricot] L’art du blocage

Quand j’ai commencé le tricot, j’ai souvent entendu parler de blocage sans trop vraiment comprendre ce dont il s’agissait. Une fois que j’ai eu fini des ouvrages sur lesquels j’avais passé du temps (comme un pull), j’ai compris son importance, d’autant plus que, comme je n’avais pas bien fait cette étape, mon premier pull s’est légèrement déformé au niveau des épaules. Dernière étape dans la réalisation d’un tricot, ne la négligez pas !

Après avoir écrit un billet sur la méthode pour lire un patron de tricot et donc réaliser votre premier pull et un autre billet sur les techniques pour coudre votre ouvrage une fois terminé, il me semblait donc essentiel d’écrire un billet sur le blocage. Par contre, je ne développerai dans ce billet que le blocage des pulls, n’ayant jamais tricoté de couverture ou de châle en dentelle.

Qu’est-ce que le blocage ?

Le blocage consiste à laver, essorer et faire sécher votre tricot. Cette opération sert à mettre en forme votre ouvrage et notamment à égaliser la tension des mailles et des rangs pour obtenir un ouvrage homogène. En effet, en tricotant, vous imposez à la laine une torsion. Cela la resserre. Grâce à l’étape de lavage, vous libérerez la fibre pour lui rendre sa fluidité, son essor et son éclat. Selon votre type d’ouvrage et votre type de point, le blocage a différentes fonctions :

  • Donner sa forme définitive à votre tricot (bien aplatir les bords, notamment, pour qu’ils ne roulottent pas) ;
  • Révéler les motifs (dans le cas d’un ouvrage à dentelle) ;
  • Agrandir si besoin votre ouvrage en l’étirant légèrement (de manière raisonnable évidemment).

Après cette opération, vous verrez que la laine sera plus détendue, que les mailles seront plus uniformes car le blocage fera disparaître toutes les imperfections et notamment les écarts de tension d’une maille à l’autre. De plus, votre tricot aura un aspect plus joli, plus lisse. Une fois le blocage réalisé, la forme de votre ouvrage ne bougera plus.

Le blocage n’est pas toujours nécessaire, notamment pour les petits ouvrages, comme les bonnets et les mitaines, d’après ce que j’ai pu lire. Il est, par contre, indispensable pour les pulls, les couvertures, les châles, les tricots qui ont des bordures spécifiques ou des motifs en dentelle. Si vous ne réalisez pas le blocage, certains ouvrages pourront se déformer.

Le matériel nécessaire

Pour faire le blocage de votre ouvrage, vous aurez besoin du matériel suivant :

  • Une bassine ;
  • De la lessive spéciale laine (choisissez une lessive bio) ;
  • Deux serviettes éponges ;
  • Une surface capitonnée (un tapis de blocage ou à défaut, un tapis de gym) ;
  • Des peignes de blocage, des épingles ou des baguettes (pour les châles et les couvertures).
Mes peignes de blocage de la marque KnitPro

Pour ma part, j’ai investi dans un tapis de blocage et dans des peignes de blocage de la marque KnitPro. Le tapis se compose de 9 planches de 30 cm x 30 cm, emboîtables les unes avec les autres. Ma boîte de peignes se compose de 12 peignes de 8 épingles et de 8 peignes de 4 épingles. Les peignes sont particulièrement recommandés pour les pulls. J’ai acheté le tout sur le site de Rascol. Je pense que vous pourrez trouver ce matériel dans des merceries et magasins de laine.

Les étapes du blocage

La première étape du blocage est le lavage de votre ouvrage. Choisissez une bassine adaptée à sa taille. Remplissez-la d’eau froide ou tiède, l’eau chaude risquerait de faire feutrer la laine. Ajoutez la lessive et un peu de vinaigre blanc si la couleur dégorge. Laissez tremper pendant 10 à 20 minutes. Rincez à l’eau claire jusqu’à ce que votre ouvrage ne soit plus imbibé de lessive. Faites un second trempage, si besoin, dans une bassine d’eau claire, c’est-à-dire sans lessive, toujours froide ou tiède. De manière générale, je vous recommande de laver vos tricots séparément.

La seconde étape consiste à essorer votre tricot. Pour cela, il ne faut pas le soulever car il sera lourd puisque la laine est gorgée d’eau. Cela risquerait de le déformer. Il ne faut pas non plus le tordre pour l’essorer. Pressez doucement votre tricot contre les parois de votre lavabo ou de votre baignoire pour évacuer l’eau. Enfin, posez par terre une serviette éponge, posez votre tricot dessus et couvrez d’une autre serviette éponge. Roulez le tout et foulez avec vos pieds. Vous constaterez qu’après cette étape, votre tricot est presque sec.

La dernière étape consiste à étaler sur votre tapis votre tricot puis à poser les épingles. Pour cela, votre tapis de blocage devra être assez grand pour votre tricot. En réalisant le blocage de mon pull, je me suis rendue compte que mes neuf tapis n’étaient pas du tout suffisants. J’en rachèterai donc pour pouvoir compléter ce premier jeu de tapis. Il fait bien étaler votre ouvrage sans l’étirer. S’il est encore trop humide, n’hésitez pas à poser une serviette de bain sur votre tapis avant de l’étaler. Prenez votre temps, cette dernière étape est la plus importante. Une fois votre ouvrage bien étalé, posez vos épingles sur tous les bords. Pour un pull, posez-les sur les bords des côtes des manches puis du dos et du devant (en prenant les deux ensemble). Posez-en également au bord du col pour faire en sorte qu’il prenne une belle forme. J’en ai aussi posé sur les côtés en prenant en compte que mon pull est légèrement cintré à la taille. Une fois votre tricot sec, vous pourrez enlever les épingles.

Grâce à cette vidéo, vous verrez le blocage en action !

J’ai lu qu’il était recommandé, si votre pull est en plusieurs pièces de bloquer chaque pièce avant de coudre l’ensemble. Comme je ne le savais pas, je n’ai pas fait comme cela. J’ai cousu mon pull puis fait le blocage mais cela n’a pas posé de problème particulier. Si la laine se rétracte après quelque temps, il est possible de refaire un blocage.

Il est également recommandé de bloquer votre échantillon. L’échantillon est un carré de 15 cm sur 15 cm que vous faites avant de vous lancer dans un projet tricot pour voir si la taille des aiguilles utilisées pour le tricoter est correcte.

Après avoir bloqué mon dernière pull dans les règles de l’art, je trouve le résultat impressionnant. La laine est douce et les points sont homogènes. Il a également pris une belle forme. Il existe d’autres techniques de blocage (à la vapeur et au spray) mais comme je ne les ai pas essayées, je n’en parlerai pas. Le blocage n’est pas très compliqué à réaliser. Cela prend juste un peu de temps mais une fois que vous aurez passé du temps à tricoter un bel ouvrage, cela vaut le coup de le faire pour révéler toute la beauté de votre tricot. Ce billet est le troisième d’une série sur le tricot, dont voici les deux premiers :

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