Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle sorte de billet : un billet découverte d’un arrondissement de Paris, le mien : le 13e arrondissement. J’y vis depuis 10 ans déjà et j’y découvre (ou redécouvre) toujours des bonnes adresses, des petits coins. Cet arrondissement a une particularité : il est le plus grand arrondissement de Paris, ce qui le rend très hétéroclite dans son architecture : des maisons de la Cité florale aux tours des Olympiades, il n’y a qu’un pas…
Pour vous permettre d’en profiter, j’ai réalisé une carte sur Google Maps avec toutes les bonnes adresses et autres curiosités. Pour la découvrir, cliquez ici !
Au cœur du quartier chinois
Le quartier chinois est un coins emblématique du 13e qui est souvent assimilé à ce quartier.
Un quartier chinois, mais pas que…
On l’appelle à tort le quartier “chinois” car on retrouve dans ce quartier, qui s’est développé à la fin des années 1970, différentes communautés venues de toute l’Asie du Sud-Est : Vietnamiens, Cambodgiens, Thaïlandais, Laotiens et bien sûr, Chinois.
C’est dans un contexte de troubles politiques dans les pays de l’ex-Indochine dans les années 70 (génocides perpétrés par les Khmers Rouges au Cambodge, travaux forcés dans le Laos communiste, guerre du Vietnam et régime communiste) que la France a accueilli entre 1975 et 1987 environ 145 000 réfugiés de ces pays, pour une grande partie d’origine ou d’ascendance chinoise (60 à 70% d’entre eux).
En 1990, les Vietnamiens, les Cambodgiens et les Laotiens (qu’ils soient ou non d’origine chinoise) formaient les trois-quarts de la population d’origine asiatique du 13e.
Les Olympiades
Les Olympiades, symbole de cet arrondissement, est un complexe d’architecture emblématique de l’architecture de dalle. Il se compose de tours et d’une galerie marchande. Les tours sont à la fois des bureaux, des logements sociaux ou des logements privés. Leurs noms rappellent les villes qui ont accueilli les Jeux Olympiques (Mexico, Athènes, Sapporo, Helsinki, Rome, Tokyo, etc.).
En 1964, dans un contexte de pénurie de logements et de forte croissance démographique, la Mairie de Paris lance l’Opération Italie 13, dans ce quartier peu peuplé du 13e. Destinée initialement aux jeunes cadres aisés, les pouvoirs publics font le choix d’un urbanisme vertical et de dalle avec pour objectif de rassembler différentes fonctions d’un quartier : habitat, emploi, commerces, équipements scolaires et loisirs. Mais ce projet, et notamment l’architecture des tours, ne satisfait pas l’opinion publique. La vente des logements est difficile, ce qui conduit les promoteurs à baisser les prix.
C’est donc dans ce contexte, et profitant de cette opportunité immobilière, que les réfugiés d’ex-Indochine investissent à leur arrivée les logements et les commerces du 13e arrondissement dont personne d’autre ne voulait à l’époque. Il faut noter que l’architecture de la dalle des Olympiades aux formes asiatiques, prévue dans l’Opération Italie 13, existait avant l’arrivée des Asiatiques dans le quartier !
Sans qualification leur permettant d’intégrer d’autres secteurs économiques et avec leur faible maîtrise de la langue française, les premières générations d’Asiatiques se sont spécialisées, à leur arrivée, dans le commerce de détail, la restauration et la confection. Ils ont ainsi créé leur propre entreprise et ont fait de leurs origines un atout (restauration, vente de produits asiatiques). D’autres secteurs ont peu à peu fait leur apparition : banques, agences immobilières, agences de voyages…
A ne pas manquer
- L’Empire des Thés, 101 avenue d’Ivry
L’Empire des Thés est un lieu unique dédié au thé et a pour vocation de faire découvrir les thés de Chine et toute la culture qui s’y rapporte sans élitisme, avec tout simplement le désir du partage.
- Autel du culte de Bouddha, 37 rue du Disque
Lieu de culte le plus insolite de Paris qui se cache dans un parking. A l’intérieur du temple, on découvre, baignés d’encens, les autels dédiés à la déesse de la miséricorde Guanyin et celui dédié au génie de la justice. Plus loin, un autre autel est dédié au Bouddha cambodgien.
- Tang Frères, 48 avenue d’Ivry
Créée par deux frères d’origine sino-laotienne, la société Tang Frères se spécialise dans l’importation et la distribution des produits alimentaires asiatiques.
- Pâtisserie Saison, 65 avenue d’Ivry
Pionnière de la pâtisserie asiatique, elle occupe la place depuis 1983 !
- ACE Mart, 134 rue de Tolbiac
Épicerie coréenne où vous trouverez aussi de nombreux produits japonais !
Un musée à ciel ouvert
Le 13e arrondissement est aussi particulièrement visité pour ses œuvres de street art. Il s’agit de grandes fresques murales, peintes par des artistes du monde entier, sur les murs des immeubles. Le vue depuis la ligne 6, entre Place d’Italie et Bercy, en donne un aperçu saisissant. C’est donc un véritable musée à ciel ouvert !
Le maire de l’arrondissement, Jérôme Coumet, s’en réjouit. Cela distingue le 13e arrondissement, qui s’inscrit alors dans la ligne de New York et Lisbonne. Selon lui, [cette politique artistique] « est résolument engagée dans la promotion de la culture dans toute sa diversité ». « Le Street Art est un formidable moyen de rendre l’art accessible au plus grand nombre tout en embellissant l’environnement urbain dans lequel nous vivons ».
Bien que le maire soit un amateur d’art, les artistes auxquels les commandes sont faites sont invités par la galerie Itinerrance, dont Mehdi Ben Cheikh est le directeur.


A ne pas manquer
- Le Héron de SteW, Place de la Vénétie
SteW est un artiste français originaire de Meudon. Pour cette fresque monumentale de 52 m de haut sur 14 m de large, il s’est inspiré des motifs floraux des estampes japonaises et présente un héron majestueux sur la Tour Tivoli. La réalisation a nécessité 3 mois de travail et une centaine de pochoirs, en 2014.
- Tourbillon monumental de Pantonio, Jardin de la Dalle d’Ivry
Pantonio est portugais et vit à Lisbonne. Son style est facilement identifiable par la dominance des couleurs bleues et noires, par la répétition des thèmes dès lors que la fresque est de taille importante. L’œuvre est une métaphore de la densité humaine qui vit dans les grands immeubles de l’avenue de Choisy. Les poissons n’ont pas été choisis par hasard par l’artiste. Symbole de vie, de fécondité, de virilité pour les hommes, mais aussi de richesse et de chance, le poisson est un symbole que l’on retrouve partout dans la culture chinoise, dont une communauté très importante habite le quartier.
- Poupée andine de INTI Castro, 8 rue Lahire
INTI est un artiste chilien né en 1982 à Valparaiso qui pratique l’art du graffiti dans sa ville natale. INTI (traduisez littéralement « soleil » en langue quechua) développe un style personnel, très coloré propre à l’Amérique du Sud. Son univers pictural est festif, avec une mise en scène presque théâtrale et une symbolique empruntée à l’imaginaire populaire latino américaine. On peut distinguer le corps couvert d’habits traditionnels en patchwork, avec une tête coiffée d’un chapeau. Cette œuvre d’INTI représente son personnage fétiche, le Kusillo, personnage du carnaval bolivien.
- Étreinte et Lutte de Conor Harrington, 85 Bd Vincent Auriol
L’artiste Conor Harrington dépeint à travers ses œuvres, des représentations d’échanges politiques, de discussions, de débats ou de combats. Alors qu’il avait pour habitude de peindre des scènes de combat explicites, il a opté pour une évocation plus ambiguë de la lutte politique : « Je pense que la fresque sera plutôt appropriée avec les élections présidentielles qui approchent. La manière dont j’ai peint les personnages (dégoulinant, s’effondrant, s’effaçant) est assez significative des changements de la société française (et européenne). » L’ambiguïté est présente également dans la posture des personnages, cette accolade pouvant représenter aussi bien un signe d’affection, de complicité qu’à l’inverse, une lutte.
- Madre Secular II d’INTI, 81 Bd Vincent Auriol
La Madre Secular II, symbole du scepticisme, est une représentation laïque de la Sainte Vierge. Elle tient dans ses mains la pomme de Newton. Dans son cou et sur ses gants, des étoiles et des planètes comme sur une carte du ciel. Ses bijoux faits de crânes arborent, eux, les signes de toutes les religions. Elle cache sous sa tunique un chapelet de balles.
- Fragile, Agile de Pantonio, 91 Bd Vincent Auriol
Cette œuvre horizontale fait écho aux mouvements du lieu, générés par les passants, les véhicules et le métro aérien. De plus, l’artiste explique s’être inspiré des éléments qui l’entouraient : « Si j’ai eu à jouer avec les travaux adjacents d’INTI et de Conor Harrington, je me suis aussi inspiré de la crèche et des enfants se mouvant derrière mes murs. Je n’avais pas de message prédéfini à faire passer, mais en voyant leurs dessins, j’ai réalisé qu’il n’était question ici que d’amour du dessin. Rien d’autre. » Cette œuvre représente un entrelacement de poissons et d’oiseaux, renvoyant une impression de légèreté et de limpidité. Comme d’ordinaire, Pantonio a fait émerger les silhouettes en noir, avant de les rehausser de bleu, violet et rose, créant ainsi un véritable effet de volume.
- Photographes Urbains de Jana & JS, 121 Rue Jeanne d’Arc
Jana est Autrichienne, elle est née en 1985. JS, de son vrai prénom Jean-Sébastien, est Français, né en 1981. Couple à la scène et couple dans la vie, Jana et JS sont les signataires d’un art qui s’expose aussi bien dans les rues que dans les galeries à Lille, Vienne, Düsseldorf ou Miami. Photographes de talents, ils impriment leurs photos, les découpent et les font prendre vie de dans des paysage inattendus : urbain, lieux abandonnés, campagne…
- Entrez dans le vortex (Le Bambin) de Seth, 110 rue Jeanne d’Arc
Bambin en short, la tête dans un arc-en-ciel, œuvre d’un peintre parisien Julien Malland dit « Seth » qui s’est inspiré d’un gamin d’une favela au Brésil en 2016. Cet artiste a revisité son œuvre en mai 2019 pour y apporter plus de couleurs et agrandir l’arc en ciel aux façades des immeubles attenants pour un effet en anamorphose. [Déf. Anamorphe : Image déformée, selon des règles précises, que donne un miroir courbe]
- Et J’ai Retenu Mon Souffle de FAILE, 110 rue Jeanne d’Arc
La fresque réalisée par le duo FAILE, collaboration artistique basée à Brooklyn entre Patrick McNeil et Patrick Miller, représente une ballerine, les yeux clos, suspendue dans le ciel sur fond de paysage urbain. La posture de ce singulier personnage contribue à la dynamique puissante de la composition. Cette dernière rappelle un jeu de taquin, composé d’une multitude de petits carrés colorés que nous sommes tentés de déplacer.
- Rise Above Rebel d’Obey, 93 rue Jeanne d’Arc
Dans cette œuvre, Shepard Fairey, aka Obey, a choisi pour sujet une femme victime de l’oppression, mais qui résiste. C’est, pour l’artiste, un « symbole universel. » La palette rouge et noir utilisée permet d’évoquer la violence, la peur et la mort, inhérentes à la lutte contre l’oppression.
- L’étang de Thau de Maye, 131 Bd Vincent Auriol
Dans cette fresque de Maye, artiste montpelliérain, un personnage gracile chevauchant un flamant rose s’élance, sur un fond couleur melon, évoquant ce fruit typique du sud de la France. Il s’agit d’un guardian, cavalier camarguais, vêtu de l’habit traditionnel. Or, au lieu d’être sur un cheval, il est ici perché sur le dos d’un flamant rose, animal endémique de cette région. Il tient dans sa main droite un trident, destiné à maintenir les taureaux dans les rangs, et dans sa main gauche une bombe de peinture de laquelle sortent des papillons, symbolisant le caractère éphémère de cette pratique artistique. À travers la barbe fleurie de son personnage et les abeilles s’échappant de son chapeau, l’artiste rappelle la fragilité de la relation entre l’humain et la nature. Dans cette œuvre, Maye apporte un peu de sa région natale ensoleillée au cœur de la grisaille parisienne.
- Turncoat de D*Face, métro Nationale
Le portrait d’une femme représentée à travers une palette de bleus, inhabituelle dans l’œuvre de l’artiste londonien. Les ailes caractéristiques de D*Face s’échappent de sa chevelure. Ses lèvres d’un rouge électrique marquent sa vitalité, tout en évoquant son pouvoir de séduction, renvoyant à un certain érotisme. Le titre de l’œuvre, signifiant
« retourner sa veste », fait écho à l’expression courroucée du personnage, que l’artiste décrit comme « dominante, presque en colère ». A-t-elle été trahie ou s’apprête-t-elle à trahir ? Toujours dans un style rappelant le pop art et les comic books, D*Face nous propose une fois de plus une fresque éloquente, d’un saisissant dynamisme.
- Le Chat de C215, métro Nationale
Le chat est un motif récurrent dans l’œuvre de C215, Christian Guémy de son vrai nom. Ici peint dans des nuances de bleu, l’artiste se plaît à le représenter pour son esthétique, mais également pour sa symbolique : un animal à la fois libre et domestique.
- Liberté, Egalité, Fraternité d’Obey, métro Nationale
Shepard Fairey a détourné l’une de ses précédentes œuvres, Make Art Not War, afin de réaliser cette fresque. Elle représente une Marianne accompagnée d’un drapeau français, en hommage aux victimes de l’attentat du Bataclan, le 13 novembre 2015. Selon l’artiste, le drapeau peut être interprété comme un symbole de nationalisme, ou comme un symbole de solidarité internationale et d’unité. À travers cette œuvre, il a souhaité exprimer son soutien. En décembre 2020, l’œuvre avait été dégradée. En réponse aux projets de loi « sécurité globale » et « séparatisme », des graffeurs anonymes avaient peint des larmes de sang et rayé la devise républicaine, inscrite sur la fresque monumentale. Restaurée en février 2021, l’artiste y ajoute une larme bleue. L’artiste avait alors déclaré : « Je suis du côté des gens qui s’opposent aux injustices »
- Fougueuse étreinte de D*Face, place Pinel
L’artiste nous livre un motif dont il a le secret, inspiré des comics américains. Le titre original de cette fresque est « L’amour ne nous séparera pas ». C’est une allusion aux personnes que l’on a aimées et perdues. Elles ne font plus partie de notre vie désormais, mais elles sont pourtant toujours de ce monde comme encore vivantes.
- La femme pensive de Hush, 109 boulevard Auriol, Jardin de la Raffinerie Say
Les divers motifs et couleurs que l’artiste britannique superpose dans son iconographie sont à l’image de sa conception du street art. En effet, pour l’artiste, ce mouvement artistique s’exprime par la superposition d’éléments successifs, parfois au caractère éphémère. Fortement inspiré par la représentation des femmes en Asie, l’artiste a peint ici un sujet longiligne et détaillé, presque à la manière de Klimt, explorant les contrastes des matières et des couleurs. Il nous offre ici un résultat pop art, à la fois doux et coloré.
- Le Petit Prince de PakOne, 24 bis Boulevard du Général d’Armée Jean Simon, Jardin de la Raffinerie Say
À travers cette œuvre, PakOne, originaire de Bretagne, souhaite redonner de la vie et du mouvement à des espaces urbains souvent froids. Cette métaphore du cerisier en fleur comme emblème de la vie nous pousse à admirer notre environnement et la simplicité dont la vie fait preuve, et que nous oublions bien trop souvent. Quant au petit garçon sur sa balançoire, il fait référence au personnage emblématique du livre Les misérables de Victor Hugo. Un gamin des rues inlassablement attiré par la beauté de la lumière. Une allusion directe à l’univers onirique et à l’élévation spirituelle selon l’artiste. Très poétique et en harmonie avec l’espace qu’elle occupe, cette fresque est une ode à l’émerveillement et a pour ambition de rappeler aux riverains la simplicité qu’il y a de contempler les murs de sa ville.
Des allures de village
Certains coins du 13e ressemblent à des petits coins du village. On découvre alors un autre visage de cet arrondissement, un peu bucolique…
La Bièvre
On ne peut pas parler de cette partie sans évoquer la Bièvre. Cet affluent de la Seine à deux bras de 33 km de long parcourait le 13e et le 5e arrondissement avant de se jeter dans la Seine au niveau de la Gare d’Austerlitz. Elle prend sa source à Guyancourt (dans les Yvelines) pour se jeter maintenant dans les égouts de Paris ! Elle a, en effet, été recouverte dans la seconde moitié du XIXe siècle, essentiellement pour des raisons sanitaires. En effet, malgré les efforts d’Haussmann pour assainir Paris, encore à cette époque, les habitants du quartier y jetaient leurs déchets. Son nom vient du latin “beber” qui signifie “castor” et aussi “de couleur brune”. Plusieurs projets prévoient aujourd’hui une réhabilitation partielle de la Bièvre.
Toutes sortes de corporations utilisaient les eaux de la Bièvre. Les meuniers n’utilisaient l’eau de la Bièvre que quelques heures par jour à cause de son faible débit. A Paris, sept moulins ont existé et notamment dans le quartier de Croulebarbe (voir la plaque située à l’angle de la Rue Henri Pape et la rue du Moulin-des-Prés). Les tanneurs installés à Gentilly et dans le quartier de Saint-Médard étaient les plus pollueurs. L’eau de la Bièvre était utilisée pour laver à grand eau les peaux (voir l’ancienne mégisserie au 61 rue Corvisart). Les teinturiers étaient installés entre le moulin de Croulebarbe et la rue Saint-Hyppolite. Le plus célèbre d’entre eux, Jean Gobelin, d’origine flamande, s’installa au XVe siècle et donna son nom au quartier et à la Manufacture, rachetée par Colbert au XVIIe siècle, qui devint Manufacture royale puis républicaine (42 avenue des Gobelins). Les blanchisseuses exerçaient leur activité en amont des autres industries polluantes. Installées à Cachan, Gentilly et au Clos Payen, près de l’actuel boulevard Blanqui.
La Poterne des Peupliers
La Poterne des Peupliers, située entre les Portes d’Italie et de Gentilly, constitue l’un des derniers vestiges encore debout des fortifications de Thiers à Paris. C’est à cet endroit que la Bièvre entrait dans Paris depuis Gentilly. [Déf. Poterne : Une poterne est une petite porte qui était intégrée aux murailles d’une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants du château de sortir ou rentrer à l’insu de l’assiégeant.]
La Butte-aux-Cailles et la Commune de Paris
A l’origine, la Butte-aux-Cailles était une colline recouverte de prairies, de vignes et de bois. Autrefois, rattachée à Gentilly, la Butte intègre la commune de Paris en 1860. Outre les corporations installées le long de la Bièvre, on exploite les calcaires coquilliers. Son sous-sol était très vite devenu un vrai gruyère et c’est la raison pour laquelle les immeubles construits plus tard sur la Butte sont de petite taille.
Vous trouverez rue des Cinq-Diamants les locaux de l’Association des Amis de La Commune de Paris. Ce n’est pas un hasard si leurs locaux se trouvent sur La Butte-aux-Cailles. Les 24 et 25 mai 1871, lors de la bataille de la Butte-aux-Cailles, les Fédérés de la Butte-aux-Cailles, commandés par Walery Wroblewski, repoussent par quatre fois les troupes versaillaises. La place de la Commune-de-Paris, à l’angle des rues Buot et de l’Espérance, perpétue le souvenir de ce mois de mai. Cette bataille marque presque la fin de la Commune.
Miss Tic
Artiste emblématique de la Butte-aux-Cailles, Miss Tic est le pseudonyme de Radhia Novat, née le 20 février 1956 à Paris et morte le 22 mai 2022 dans la même ville. Cette artiste de street art est connue pour ses œuvres au pochoir, essentiellement sur les murs de la capitale française. Son style est caractérisé par la représentation sensuelle de femmes aux cheveux sombres, accompagnées d’aphorismes exprimés sous forme de jeux de mots qui prônent la liberté. [Déf. Aphorisme : Sentence énoncée en peu de mots – et par extension une phrase – qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier. ]
Glacière
Station du métro 6 à ciel ouvert, Glacière était autrefois un hameau. Ce village tenait son nom du fait qu’il était traversé par la Bièvre dont les nombreuses mares et étangs gelaient l’hiver ; leur glace était récupérée puis entreposée, non loin de là, dans des puits maçonnés et dans d’anciennes carrières des hauteurs du parc Montsouris pour être utilisée l’été.






A ne pas manquer
- Place de l’Abbé Georges Hénocque
De forme circulaire avec un diamètre de 70 mètres et un square en son centre, elle est située au cœur du quartier de la Maison-Blanche. Elle est environnée d’un quartier de petits pavillons ouvriers aux teintes pastel ou en meulière, construits au début du XXe siècle. C’est la place centrale de ce quartier surtout résidentiel. La Bièvre passe sous la place pour contourner la Butte-aux-Cailles par l’ouest.
- La Cité florale
La Cité florale est construite en 1928 sur une zone triangulaire, un ancien pré régulièrement inondé par la Bièvre. Cette particularité lui a valu de ne pas pouvoir abriter des immeubles : le quartier est donc intégralement urbanisé avec des petites maisons. Les riverains ont récemment embelli l’environnement en y mettant de nombreux bacs à fleurs. Chacune des maisons qui composent la cité florale possède son propre jardin ; les rues sont pavées, possèdent des arbres et portent des noms de fleurs.
- La petite Alsace, 10 rue Daviel
Cette cité-jardin, parfaitement cachée derrière les maisons et immeubles des rues attenantes, a été construite en 1912 pour y loger les ouvriers des nombreuses usines alentours. À la demande de l’abbé Jean Viollet et de sa société d’habitations à bon marché, l’architecte Jean Walter avait été chargé de créer une quarantaine de petites maisons mitoyennes, capables d’accueillir des familles nombreuses pouvant aller jusqu’à 12 personnes. Construites dans le style alsacien et mélangeant les matériaux, ces 40 maisons à colombages aux toits en croupe ou à double pente sont organisées autour de charmantes terrasses et d’une cour arborée de 500 m². Le tout nous donne la délicieuse impression de quitter la capitale pour nous retrouver dans un petit village de l’Est de la France.
- La Villa Daviel
La villa Daviel, charmante impasse résidentielle doit son nom à la rue du même nom sur laquelle elle débouche au numéro 7. Nichée au fond de la vallée de la Bièvre dont le bras mort suivait l’actuelle rue Würtz, sa construction remonte à 1912. Elle est achevée en même temps que l’ensemble HBM de la Petite Alsace situé juste en face. Les jolies maisonnettes sagement alignées rivalisent de coquetterie. Le long de la voie pavée de frais qui trottinent gaiement sur 113 mètres de long, les pavillons de briques ou en pierre de meulière donnent un air de sous-préfecture à ce micro-quartier. Derrière les grilles bigarrées, les jardinets choyés par les riverains s’épanouissent dans l’abondance végétale d’une nature qui prend sa revanche sur le milieu urbain. Volets aux couleurs pimpantes, touches pastel décoratives répondent à la vivacité des roses et des glycines. La vigne vierge, en automne, flamboie tandis que bananier, figuier et palmier rêvent du sud. Un lieu privilégié singulier dont la vocation première fut sociale. [Déf. HBM : Habitation à bon marché ; l’ancêtre des HLM]
- Le Puits Artésien, place Paul-Verlaine
Ce puits alimente une fontaine publique. L’eau qu’elle contient est âgée de plusieurs dizaines de milliers d’années. Elle y sort à 28 °C ; elle est parfaitement potable, quoique légèrement sulfureuse et riche en fer et en fluor, mais faible en calcium.
- La Piscine de La Butte-aux-Caille, place Paul-Verlaine
La piscine de la Butte-aux-Cailles est l’une des plus anciennes piscines de Paris. En 1866 a été découverte une nappe d’eau chaude souterraine qui a été à l’origine de la construction des bains-douches en 1908. La piscine était alimentée par un puits artésien conçu par François Arago et creusé en 1893, donnant accès à une eau à 25 °C. La piscine fut conçue par l’architecte Louis Bonnier et construite entre 1922 et 1924 en adjonction d’anciens bains-douches datant de 1908. Les considérations sanitaires et d’hygiène, nouvelles à cette époque, furent prises en compte, avec par exemple le passage obligé des baigneurs par des douches et un pédiluve. La façade de la piscine est en briques rouges, matériau inhabituel à Paris pour ce type d’établissement, dans un style Art nouveau. Son intérieur est formé d’une voûte en béton supportée par sept arches légères.
- Le Temps des Cerises, 18-20 rue de la Butte-aux-Cailles
L’histoire de cette petite maison remonte à plusieurs siècles. Plus précisément au Moyen-âge, période à laquelle cette petite maison fut construite. A cette époque, elle se situait en pleine campagne au milieu d’un verger de cerisiers. Verger qui donne aujourd’hui son nom à la rue de la Cerisaie. Dès 1830 cette jolie maison d’angle devient un restaurant, ce qui en fait sûrement l’un des plus ancien de Paris. La décoration (extérieur en mosaïque, comptoir en zinc, éléments d’ébénisterie) date de 1930. Les Compagnons en sont les principaux maîtres d’œuvre. Le nom du bistrot « Le Temps des Cerises » est choisi en 1968 et fait référence à la chanson de Jean-Baptiste Clément. Le Temps des Cerises est une SCOP, Société Coopérative et Participative. Les salariés y sont les associés majoritaires et le pouvoir y est exercé démocratiquement.
J’espère que ce billet vous a donné envie de (re)découvrir le 13e arrondissement et ses multiples facettes. Je vous invite à laisser dans les commentaires vos bonnes adresses du 13e ! Les beaux jours sont enfin là après cet hiver tardif ! Un bon moment pour prendre le soleil en se cultivant et en se régalant dans les quelques bonnes adresses que j’ai mises dans ce billet. A bientôt !


Merci pour cet article très intéressant et avec de belles adresses ! Je vis également dans le 13e depuis plus de 10 ans et j’adore mon arrondissement 😊
Juste une précision : il n’agit pas du plus grand arrondissement de Paris, le plus grand c’est le 15e 😉
J’aimeJ’aime