Le Musée Cognacq-Jay consacre son exposition du printemps/été aux femmes. Intitulée Révéler le féminin, Mode et Apparences au XVIIIe siècle, elle offre un point de vue nouveau sur le Siècle des Lumières. Vous avez encore un mois pour la visiter car elle fermera ses portes le 20 septembre 2026.
Le Musée Cognacq-Jay est d’ailleurs dédié à ce siècle très riche, siècle de tous les bouleversements qu’ils soient politiques et sociaux mais aussi siècle des découvertes et de l’expansion des savoirs. Dans cette exposition, on s’intéresse à la représentation des femmes en montrant la diversité des représentations à travers des portraits de femmes nobles seules mais aussi des portraits de famille. Le portrait sert à celle qui se fait représenter à montrer son statut social mais également à s’émanciper de son statut marital. Elle se fait, en effet, représenter avec des objets symbolisant ses goûts comme par exemple, une partition comme symbole de son goût pour la musique. Ces représentations servaient également à véhiculer la goût à la française auprès des autres nobles européens car Paris, le modèle à suivre en matière de luxe et de mode depuis le XVIIe siècle, affirme sa position à cette époque.
Les sept salles dédiées à l’exposition offre un parcours thématique qui balaie les principaux aspects de la représentation féminine entre expression d’un statut social et imaginaires et badinages. Chaque salle est un dialogue entre œuvres et objets comme des vêtements et des accessoires. De plus, des œuvres contemporaines et œuvres du XVIIIe siècle se répondent. L’éclairage met particulièrement bien en valeur les œuvres. Enfin, le livret d’accompagnement, très pédagogique, propose un glossaire dédié aux éléments du vestiaire féminin ainsi que des dessins qui expliquent les différents éléments qui composent les différentes “couches” du vêtement féminin.
Voici trois œuvres qui selon moi illustrent le mieux le propos général de l’exposition :
La cape courte pouvait être portée dans l’intimité ou en société pour feindre le naturel. Elle rappelle la mode du « déshabillé » porté dans un souci d’apparente « simplicité ». Les broderies et la blancheur de cette cape rappellent le statut social élevé de la dame qui le portait. L’œuvre de Valérie Belin est une réponse à l’idéal de positionnement social du XVIIIe siècle en représentant une jeune femme dont l’apparence est dans les codes de la mode occidentale (cheveux lisses, lentilles de couleur). Enfin, la peinture d’après Boucher, qui s’inspire directement des fêtes galantes de Watteau, montre le goût de la mise en scène de l’époque.
En conclusion, on peut regretter la taille de l’exposition qui mériterait un développement plus long mais cela est évidemment dû à la taille du musée. On peut également trouver dommageable que l’exposition n’aborde que la représentation des femmes nobles, les pauvres étant invisibilisées. Toutefois, la thématique de l’exposition offre un point de vue intéressant sur le XVIIIe siècle. Le point fort de l’exposition reste le mélange des supports mais surtout des œuvres anciennes et contemporaines. L’exposition est assez abordable pour tous les publics, y compris le jeune public car il y a notamment des cartels qui lui sont destinés.
Révéler le féminin, Mode et Apparences au XVIIIe siècle
Du 25 mars au 20 septembre 2026
Musée Cognacq-Jay
75003 PARIS



