Cette exposition est organisée dans le cadre du 340e anniversaire de la première rencontre entre le royaume de Siam et la France et le 170e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Elle illustre donc la coopération internationale entre les deux pays à travers la collection de costumes de la reine Sirikit (1932-2025) et plus largement de la cour royale thaïlandaise (toujours une monarchie mais constitutionnelle).
Cette reine visionnaire a su faire dialoguer à travers ses vêtements deux pays de traditions vestimentaires différentes, en faisant appel à Pierre Balmain (1914-1982), grand couturier français et figure majeure du renouveau de la haute-couture d’après-guerre.
A partir des années 1960, la reine élabore huit modèles-types pour ses visites d’État et représentations officielles. Avec ses tenues, elle modernise le vêtement thaïlandais en en reprenant les éléments traditionnels, réalisés avec des techniques de la haute couture parisienne, comme :
- Le chong kraben, couvre-hanche ;
- Le sabai, étole drapé sur l’épaule ;
- Le phum khao bon, motif de grain de riz porte-bonheur.
La reine Sirikit fait appel à Pierre Balmain et au brodeur François Lesage pour créer ses tenues. Cette collaboration fait de sa garde-robe un moyen d’expression de la culture thaïlandaise. Les créateurs y magnifient non seulement le savoir-faire français mais également les traditions textiles du pays avec notamment l’utilisation du mat mii, tissé au Nord-Est du pays dont les motifs font écho aux croyances et à l’identité locale.


L’exposition montre la survivance de cette collaboration dans la création contemporaine.


On peut regretter de ne voir qu’à la fin de l’exposition des photos et vidéos d’archives de la Reine portant ces tenues. Toutefois, cette exposition reste, comme toutes les expositions du Musée des Arts décoratifs, une exposition de grande qualité.
Elle présente des pièces exceptionnelles d’un point de vue créatif et historique. Elle montre à quel point tout vêtement évolue à travers les siècles et peut véhiculer une véritable intention politique – dans le cas de cette garde-robe – celle de moderniser l’image d’un pays et d’en affirmer la souveraineté dans le contexte de la Guerre Froide.
La mode en majesté. Haute couture et tradition à la cour de Thaïlande
Du 13 mai au 1er novembre 2026
Musée des Arts décoratifs
PARIS


