La nouvelle exposition du Palais Galliera, intitulée « Un vestiaire à soi », explore les féminités dissidentes au XIXe siècle. Au tournant du XXe siècle, la figure de la « petite dame fin-de-siècle » est partout, dans la presse, la littérature ou encore la caricature. Cette femme émancipée est le résultat d’une lente transformation tout au long du XIXe siècle. L’exposition explore ainsi la façon dont le vestiaire féminin a évolué grâce à des emprunts au vestiaire masculin, dans un contexte d’anglomanie, de transformation de la société et de la place des femmes ainsi que la prise de conscience de l’identité de genre.
En préambule, je vous informe que je n’ai pas pu mettre beaucoup de photographies dans ce billet car je n’ai pas pu faire des photographies de qualité. Les vêtements et objets sont, en effet, essentiellement exposés dans des vitrines pour les protéger. De toute façon, ce billet est une invitation à visiter l’exposition et les photographies que je mets dans mes billets sont présentes pour vous donner envie de vous déplacer.
L’exposition présente un équilibre parfait entre les différents types d’œuvres et objets présentés : vêtements, archives, gravures, peintures et sculptures, le tout toujours au profit du vêtement qui en tient la part belle. Elle aborde quelques grandes figures féminines et/ou féministes : Marie-Antoinette, Virginia Wolf, Georges Sand et surtout Rosa Bonheur à qui une salle est dédiée, présentant quelques pièces de son vestiaire personnel qui a été le reflet de sa personnalité et de son engagement. Toutefois, l’évocation de ces figures n’éclipsent pas les anonymes, la dernière salle présentant, en effet, des photographies d’anonymes, dans une démarche de collecte d’archives personnelles.
Concernant la scénographie et la médiation, le parcours est chronothématique. Bien que chaque salle soit thématique, le visiteur avance tout de même dans le XIXe siècle. La première salle évoque le début du XIXe siècle et la dernière salle la fin du XXe siècle. Ce mélange subtil permet de donner aux visiteurs des clés de lecture compréhensibles, tout en abordant tous les aspects de la société : les loisirs, la guerre, le travail ouvrier. Au traditionnel cartels (très riches) s’ajoutent des cartels dans un français facile à lire et huit cartels « dissidents » réalisés par les étudiants d’un Master en médiation de l’Université Rennes 2.
En conclusion, le point faible de l’exposition est, selon moi, le manque d’approfondissement sur les luttes féministes et un éclairage qui rend parfois difficile la lecture de certains cartels à cause des ombres portées. Les points forts sont incontestablement la mise en valeur des vêtement puisque même la question du savoir-faire technique est abordée, et le fait d’avoir réussi à élaborer un parcours à la fois thématique et chronologique.
Comme d’habitude, le Palais Galliera donne à ses visiteurs une exposition de grande qualité et montre son ouverture en utilisant notamment plusieurs types d’écriture inclusive en résonance avec la thématique de l’exposition.
Un vestiaire à soi
Du 26 septembre au 14 février
Palais Galliera
Paris



